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20.01.2007
Temps mort...
J’essaye ça : écrire dans le grand lit blanc, l’ordinateur sur mes genoux…
Je trouve que ma vie manque franchement de poésie ces temps-ci…Pour ça que j’écris moins…J’ai sans doute la nostalgie de l’époque où ce blog (et le précédent) avait ces mots, cette musique poétique…Mais j’ai perdu (momentanément ?) ma poésie…Perdue c’est parfois moi qui le suis face à ma vie et a des choix pesants…Ceux du travail surtout : le choix des tripes ou celui du porte-monnaie…Vivre sur un fil commence à me lasser avec le temps…Je suis une piètre équilibriste désormais…Et j’ai le vertige…Celui du temps à venir…
Sans doute pour ça que je suis en permanence immergée dans le passé …Pas le mien, non, mais ces livres dans lesquels je me plonge et qui sauf pour quelques polars les jours où j’ai l’esprit chagrin me transportent à coup sûr en plein XIXe siècle…Et puis tous ces vieux films, surtout des muets, que je revois ou redécouvre inlassablement…
Quelqu’un m’a dit récemment que c’était très mauvais tout ça …Reproché de ne pas vivre dans le présent…C’est vrai que ça fait des années que j’ai laissé tombé la lecture des journaux et la télévision…Nulle information si ce n’est celle qu’on me rapporte ou qui me parviens dans la rumeur des cafés…Ou des blogs…J’ai arr^té tout ça , ça me bouffait le cerveau, la vie, les rêves, la sérénité dont j’ai besoin pour faire ces photographies qui remplissent ma vie…
Tout à fait par hasard, ce soir en finissant un livre de Mankell, j’y ai croisé un personnage serrurier d’art qui disait ceci :
« Certains se fixent quelques semaines dans l’année pendant lesquelles ils ne touchent pas à l’alcool. C’est sûrement une initiative raisonnable. Pour ma part, je réserve dans l’année un certain nombre de semaines, appelons les blanches, appellons les noires, où je n’accorde aucun intérêt quel qu’il soit, au monde qui m’entoure. Quand j’émerge de cette abstinence médiatique, il s’avère toujours que je n’ai rien raté d’important. Nous vivons sous une pluie crépitante de désinformation et de rumeurs, avec un nombre très réduit de nouvelles décisives. Au cours de ces semaines d’absence, je me consacre à la recherche d’une autre sorte d’informations : celles que j’ai en moi. »
Ça m’a fait sourire…

Photo : Sarah Moon



