27.10.2007
Peut-être...
Je n’écris plus beaucoup…Pas envie de dire le triste, le banal, la colère chaque jour devant ce que je lis , ce que j’apprends depuis le mois de mai…ces trucs qui me bousillent qui m’empêchent de beaucoup de sérénité…cette envie que ça pète plutôt que ça ne pourrisse…enfin, bref tu vois bien de quoi je parle…
C’est vrai pourtant qu’il n’y a pas que ces tristesses là dans ma vie…Il y a de la douceur et du beau, que je tais peut-être de peur qu’il ne s’échappe…que je tais, pour pouvoir sans doute en garder plus longtemps le parfum….
C’est toujours cette histoire là : celle de toi et moi…Une histoire du temps qui passe et qui ne meurt pas…Une histoire étrange, atypique dont personne sans doute n’aurait parié trois sous…Une histoire de s’aimer sur un mode inventé pour nos âmes complexes et nos mentaux torturés, sauvages…farouches…Une histoire de destin puisque c’est si souvent le hasard qui nous fait nous retrouver…Un hasard tenace et bancal à la fois qui nimbe de lumière cinématographique quelque chose de bien réel pourtant même si, parfois lassés de son emprise, il se peut que nous nous rébéllions…
Ce hasard-là qui nous a réuni l’autre fois, dans une rue que toi comme moi avions hésité à prendre, pas sûre qu’elle nous même là ou nous devions aller mais qui nous à implacablement réunis alors que pas moyen d’imaginer de se croiser dans cette ville-là qui n’est ni la tienne , ni la mienne…
Un jour comme ça…Je marche dans cette rue qui m’est étrangère, je ne suis pas seule, je parle à la personne qui m’accompagne, je ne prête pas attention au reste de la rue…et puis je vois une haute silhouette noire qui avance accompagnée aussi…J’ai le sentiment de l’étrange mais je ne vois pas, tu es trop loin…et puis je sens le regard sur moi et je vois la bouche qui articule un « ce n’est pas possible » que je n’entends pas…qui le répète…et là je sais que c’est toi, je souris, je bouge aussi mes lèvres et je dis : si c’est possible …
On s’enlace à se broyer, tremblants et incrédules…Autour, ceux qui nous accompagnent se sont arrêtés mais nous ne les voyions plus…On dirait qu’ils sont figés comme dans une scène des « visiteurs du soir ». On dirait une scène comme ça, presque une faille spacio -temporelle…
Nos mains restent jointes pendant que nous parlons, peu et vite…Et puis avant de continuer chacun notre route, j’embrasse le dessus de ta main, y laissant à dessein, une trace de rouge à lèvres …
Une trace rouge qui dit que tout ça est bien réel puisque je la vois là sur ta main et puisque tu l’emportes avec toi comme une preuve…
21:10 Publié dans La chair, le désir , l'amour | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
19.08.2007
Queen of the Punk?...
Je m’étais pourtant bien dit que je n’irais plus à ces concerts nostalgiques…Revoir Bauhaus vingt trois ans après m’avait achevée…Les reformations de groupes vingt ans après , les tournées exceptionnelles tout ça me déçois terriblement à chaque fois…J’ai réussi à résister à tous ceux qui voulaient m’entraîner voir les NYD , que trop jeune, je n’avais pas pu voir au début des années 70…Pareil pour les Stooges que je ne veux pas voir maintenant…Mais dans ceux que j’ai tant aimés, et déjà vus (une bonne dizaine de fois) Je savais qu’il y en avait une , une seule à laquelle je ne resisterai pas (je sais bien qu’il y en a parmi vous qui sont comme moi…)
Ainsi donc, la Dame Sioux donnera prochainement une série de concerts accompagnant la sortie de son nouvel opus…
Je crains le pire, mais j’ai décidé d’y aller et d’ailleurs l’Elysée Montmartre est ma salle préférée…
Pour le reste, j’en sais peu, le disque est annoncé comme un ‘debut solo album » on trouve sur le net une vidéo du single : »Into a swann » (dès que j’entends swann je pense à Marc Bolan) et quelques extraits de l’album…Il semble bien que ce ne soit ni un album des Banshees, ni un des Creatures…Mais qui donc accompagnera Siouxsie sur scène ?
Seul Hazam, le sait… (peut-être)…
En attendant, je me réjouis à l’avance de cette future déception…

13:00 Publié dans Punk rock memories ou l'harmonie du chaos | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note
17.08.2007
Rêverie de promeneuse solitaire...
Il y a des désirs comme ça , qu’on repousse toujours…Désir d’un film, d’un livre ou d’un lieu dont on anticipe le plaisir…Parfois c’est la catastrophe lorsqu’on passe finalement à l’acte…Une terrible déception…Et puis parfois le plaisir est plus grand que ce que l’on avait anticipé…
Ce qui est étonnant lorsqu’on arrive là, c’est le silence qui règne… et puis la perspective, la vue qui embrasse la totalité du lieu….l’impression d’une vaste étendue, comme face à la mer…Et puis le temps suspendu depuis trois siècles…Depuis que Monsieur de La Quintinie , jardinier du roi créa ce lieu qu’on dit unique , le plus vieux potager du monde..
C’était la semaine dernière, par une journée à la lumière hivernale ou la pluie menaçait (en août, donc)…La matinée était bien avancée mais il n’y avait personne , pas un visiteur ce qui donnait une impression étrange d’avoir le potager pour soi…Un voyage dans le temps que rien de contemporain ne vient troubler au point qu’on ne s’étonnerai pas d’y voir Louis XIV apparaître à la grille qu’il empruntait pour aller voir les multiples variétés de pommes et de poires , les figuiers, les melons et autres courges que La Quintinie cultivait pour ravir son palais et celui des quelques deux milles invités acceuillis fréquemment à sa table…La Quintinie, un homme qui me fascine pour avoir bati ce potager sur un étang pourri et avoir réussi à y installer un système d’arrosage et fait pousser des fruits hors saison et pour avoir crée des tailles de pommiers et de poiriers étonnantes et fait un jardin à la fois discipliné et sauvage…
Les mots me manquent pour dire l’émotion et l’emerveillement que j’ai ressenti ce matin là….Une impression d’être dans le plus bel endroit du monde, à se demander pourquoi parfois les gens voyagent si loin pour voir des merveilles…Et à rire de penser à ces hordes de touristes se bousculant dans le château tandis que là au creux de ces hauts murs d’enceinte se trouve un trésor…
Et puis, le goût de ces framboises volées, cueillies en catimini …
Un goût de fruit défendu…
17.07.2007
Là.....
Je ne vais pas te dire combien je deteste cette saison, tu le sais bien puisque ça doit faire le troisième été de RougeBaiser…Je suis silencieuse faute de jolies choses à écrire…faute de me sentir légère…Chaque année le soleil et la chaleur font naître découragement et mélancolie en moi…C’est un fait…Mais cet été est encore plus lourd…C’est l’été de l’attente, l’été d’un changement un peu voulu, un peu subi….Un été d’insomnies et de cauchemars un été terrorisé des changements amorcés …Un compte à rebours….Sans doute le dernier été ici, dans l’allée fleurie puisque ça fait partie du plan d’en partir…Et c’est curieux tu sais comme à chaque fois que j’arrive dans une nouvelle maison j’espère y rester longtemps et puis à chaque fois il faut que je m’en aille au bout de quelques années…J’aurais pourtant bien aimé je crois rester au même endroit longtemps , garder la me^me adresse, les mêmes repères….Mais il faut croire que je ne suis pas douée pour ça …que je ne sais pas prévoir….ou bien que prévoir m’ennuie, ou bien que je n’y crois pas…Sans doute pas pour rien que le No future me colle à la peau…Et puis est encore le temps d’envisager , de planifier le futur…
Je ne suis pas déprimée en fait , juste fatiguée de mes petits combats au quotidien, fatiguée de changer, comme à l’adolescence cette fatigue qui provient des changements physiques…
Je gère ce moment comme à mon habitude, dans la lecture , évasion en bonne et due forme sauf quand je tombe sur un livre qui chamboule comme ce « j’y suis presque « de Nuala o’Faolain…Un beau livre sans aucun doute mais qui me tord les tripes à force de décrire la vie et la solitude de son auteur aux abords de la cinquantaine…Les errances de la femme viellissante et néanmoins artiste, un livre à éviter d’offrir à un homme ….
Enfin bref, je suis là..pas bien souriante mais là…Et c’est comme d’habitude, je suis contente de vivre ça, ce moment même si il est difficile au moins il est là…

10.06.2007
Femme Futile....
Changer quelques petites choses de soi comme son apparence c’est certainement une façon de se dire qu’on maîtrise quelque chose…
Ainsi cela faisait un moment que je me demandais ce que j’allais faire pour changer un peu de tête…Ces cheveux noirs et frôlant la taille commençaient à me sembler ridicules …Et terriblement lourds… Je passe du temps à les soigner et à les coiffer de différentes façons car je n’aime pas avoir tous les jours la même tête…J’ai pensé à les couper mais j’ai dû faire face à un tollé général…Je ne sais pas pourquoi les autres sont plus attachés à mes cheveux que je n’y suis moi même…
L’expression exacte pour ma masse d’algues est bien que je lui en ai fait voir de toutes les couleurs…Je me souviens de ces voyages londoniens d’où je revenais ma valise remplie d’une provision de Crazy color…j’ai eu les cheveux betterave, rouges, roses, bleus(outremer , turquoise etc), violets parfois panachés noir et bleu marine, noir et violet foncé…Je les ai crepés, laqués, passé au moule à gaufre…Enfin je leur ai tout fait…à la fin des années 80 j’ai décidé que ça suffisait pour les couleurs et je les ais teint en noir…De ce noir qui s’appelait noir marine ou noir bleuté…Et puis, il y a quelques deux ans j’en ai eu marre, je trouvais ça trop sévère avec le temps et les rides alors j’ai commencé à teindre en chatain foncé les racines…Dès que je voyais poindre le moindre cheveux blanc je faisais ma teinture trouvant que ça faisait sale…
Souvent femme varie…
Il y a quelques mois, j’ai décidé que ça suffisait…
Ça m’a pris tout à coup, après cependant qu’on m’ai décrit les dangers de la teinture pour cheveux…Je me suis dit que finalement j’avais envie de cesser tout ce cirque du jeunisme qui consiste à gommer constament toute trace du temps, qu’ une chevelure grise ça peut-être très beau pour peu qu’on évite la gueule de carême en la sophistiquant un peu et depuis, comme on regarde pousser une plante, je regarde apparaître avec impatience mes mèches blanches….
Evidemment pour le moment c’est un peu étrange à voir toute cette longueur de noir et cette frange qui grise franchement…Je ne suis pas sûre que cela va être beau, tout dépend de la proportion de blanc au final…Autour de moi on s’interroge, on observe , on me préviens que je vais prendre un coup de vieux…Moi je réponds que ça fait un bail que j’ai passé l’âge de jouer à la marelle et que je suis éventuellement plus préocupée par les ravages du temps sur ma santé que sur mon physique que je n’ai jamais considéré exceptionnel mais plutôt étrange…
Sûrement que je finirais par les couper un peu pour éviter le coté sorcière…L’autre jour je pensais en souriant que si le gris me lasse, je serais bien capable, juste une fois, de les reteindre au crazy color violet ou bleu nuit…

Photo : Man Ray



